29 septembre 2022
Haïti pillage violence et incendie

Révolte populaire et paralysie des activités en Haïti à l’occasion de la journée internationale de la démocratie

Haïti se réveille dans un atmosphère d’insurrection populaire à l’occasion de la Journée internationale de la démocratie,  jeudi 15 septembre. 

Un peu partout dans le pays, la colère populaire se manifeste. Le pays vit au rythme des scènes de pillages, des tronçons de routes bloqués depuis le début de la semaine.

En ce 15eme anniversaire de la Journée internationale de la démocratie célébrée ce jeudi 15 septembre, l’Organisation des Nations-Unies (ONU) dit constater que que la démocratie recule. 

“La sphère publique se rétrécit. La méfiance et la désinformation gagnent du terrain. Et la polarisation sape les institutions démocratiques”, a reconnu l’ONU.

Dans son message de circonstance, le secrétaire général de l’ONU en a profité pour tirer la sonnette d’alarme. « L’heure est venue de réaffirmer que la démocratie, le développement et les droits humains sont interdépendants et complémentaires», a-t-il déclaré.

À propos d’Haïti, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres a mentionné que cette journée se déroule alors que le pays traverse une “crise sans précédent sur le plan politique, sécuritaire, économique et humanitaire, et qui affecte au plus haut point les populations les plus vulnérables, particulièrement ceux vivant dans les secteurs contrôlés par les bandes armées”. 

“La paix, la sécurité et le développement sont fondamentaux à la démocratie. Le système des Nations-Unies continuera d’accompagner le pays dans la poursuite d’un avenir plus sûr et plus prospère pour toutes les Haïtiennes et tous les Haïtiens”, a indiqué M. Guterres dans son message.

Lors du 9e Sommet des Amériques à Los Angeles au mois de juin dernier, le Premier ministre Ariel Henry a évoqué la crise haïtienne marquée par un recul de la démocratisation, la violence aveugle des gangs, la fuite massive des jeunes et des cadres vers d’autres cieux. 

Depuis plusieurs années, alors que le mandat des élus arrive à termes, la population haïtienne n’a jamais été convoquée à ces comices pour élire des nouveaux représentants à la Chambre des députés, aux différents Conseils municipaux, au Sénat de la République et voir à la présidence. Le Premier ministre Ariel Henry, désigné par le feu président Jovenel Moïse reste aux timons des affaires un an après l’assassinat du président Jovenel Moïse. 

Pillage, violence et incendie, le gouvernement et le Core Groupe gardent le silence 

Après la publication du communiqué officiel actant la hausse des prix de tous les produits pétroliers, Port-au-Prince et ses environs ont connu une cinquième journée consécutive de tensions ce 16 septembre. Alors que le gouvernement et le Core Groupe se taisent, le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a fait part de sa préoccupation tout en lançant un appel au calme, le gouvernementhaïtiendu premier ministre Ariel Henry continuede garder le silence, vendredi soir. « Le Secrétaire général est profondément préoccupé par la situation actuelle en Haïti, où des troubles civils ont paralysé le pays. Le Secrétaire général est particulièrement préoccupé…

Opération de pillage à Léogâne, le bureau de la DGI  incendié 

Les manifestations pour dire non à la montée des prix de l’essence font place à de vastes opérations de pillage dans les rues de Léogâne, ce vendredi 16 septembre. Le bureau de la Direction générale des impôts (DGI) a été envahi par les protestataires qui emportent du matériel, dont des meubles et des batteries. En face, la génératrice de la succursale de la UNIBANK est aussi passée sous les flammes. D’autres entreprises privées, dont un supermarché, ont été pillées par des individus au visage couvert, en début d’après-midi. 

Par ailleurs, lors de scènes d’affrontements avec la Police qui a tenté de protéger les bâtiments ciblés, au moins trois membres de la population civile sont sortis blessés par balle. Le commissaire de Police, visiblement à bout de munition, a dû prendre ses jambes à son cou, pour échapper à la foule en fureur qui le poursuivait à coups de pierre. Jusqu’au commissariat, des bouteilles et des pierres ont été lancés en direction des agents de police. Ces derniers ont dû abdiquer et laisser la foule continuer les actes de pillage.

Plus tôt dans la journée, les manifestants ont endommagé les accessoires de plusieurs stations d’essence. La terreur a duré depuis le début de la matinée, dans une commune complètement barricadée.

Peyi lòk : le Centre ambulancier national est devenu dysfonctionnel

Le peyi lòk vient de donner un coup de grâce à l’une des institutions les plus importantes en ce moment de crise, le centre ambulancier national est dysfonctionnel, confie son directeur Didier Hérold Louis.

Les problèmes ont commencé avec la rareté du carburant depuis tantôt un mois et l’augmentation subséquente du prix du transport en commun.

“Comment va t-on demander à un employé qui gagne moins de 30 000 gourdes par mois de payer un trajet sur motocyclette à 750 gourdes pour venir travailler? Indépendamment du sens du sacrifice des uns et des autres, la situation était déjà très difficile”, explique le directeur du CAN.

Cependant, le CAN a su résister à la longue période d’indisponibilité du carburant dans les pompes, fonctionnant en effectif réduit, les ambulanciers ont pu transporter des patients dans les différents centres hospitaliers de l’aire métropolitaine.

Désormais habitué aux mouvements de protestation et la mise en place de plans de contingence pour continuer à accompagner la population, le Dr Didier Hérold Louis est dans l’impossibilité de faire fonctionner l’institution dans ce contexte de grande fragilité.

“Les barricades se font par de quartier, vous pouvez rencontrer des gens compréhensifs dans un quartier et d’autres qui le sont moins dans un autre. Vous risquez de mettre l’ambulance ainsi que les ambulanciers en danger.”

Qu’à cela ne tienne, poursuit le directeur du CAN, il y a eu un affrontement à l’entrée de Simon Pelé ce jeudi 15 septembre 2022 rendant la situation plus tendue qu’elle ne l’était en début de semaine.

“Je me trouve dans l’obligation de demander aux 2 derniers employés encore sur place de rentrer chez eux, le Centre d’appel ne fonctionne plus, les ambulanciers ne peuvent pas traverser les barricades, le Centre ambulancier national est malheureusement dysfonctionnel pour l’instant”, lâche le directeur à l’autre bout du fil.

SOURCE lenouvelliste