16 juin 2024

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Karim Khan procureur de la CPI

Le Hamas et Israël dénoncent la décision le mandat d’arrêt requis contre les dirigeants d’Israël et du Hamas

Lundi 20 mai, Kharim Khan, le procureur de la Cour pénale internationale, a demandé que soient émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien, son ministre de la Défense, le chef du Hamas à Gaza et deux autres responsables du mouvement palestinien. Un coup dur pour les dirigeants de l’État hébreu qui redoutaient cette décision et qui avaient tenté de s’y opposer, commente la presse internationale.

Une décision historique. Lundi 20 mai, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Karim Khan a annoncé qu’il allait demander des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et contre le leader du Hamas, Yahya Sinwar, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, annonce le Washington Post.

Sont également concernés par ces poursuites le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, et deux autres hauts dirigeants du Hamas : Mohammed Deif, le chef des Brigades Al-Qassam, le bras armé du Hamas, et Ismaïl Haniyeh, le leader politique du mouvement palestinien, qui vit en exil à Doha, au Qatar.

“Sur la base des éléments de preuve recueillis et examinés par mon bureau, j’ai des motifs raisonnables de croire que Benyamin Nétanyahou, le Premier ministre d’Israël, et Yoav Gallant, le ministre de la Défense d’Israël, portent la responsabilité pénale de crimes de guerre et crimes contre humanité commis sur le territoire de l’État de Palestine (dans la bande de Gaza) à partir du 8 octobre 2023 au moins”, est-il écrit dans un communiqué de la CPI, qui siège à La Haye, précise le quotidien suisse le Temps dans le live qu’il consacre à la couverture de l’actualité à Gaza.

Une «honte historique qui restera à jamais gravée dans les mémoires», pour le ministre israélien des Affaires étrangères. Une décision qui «assimile la victime au bourreau» et encouragera la poursuite de la «guerre d’extermination», pour un cadre du Hamas à Gaza…

La CPI, dont le siège est à La Haye, enquête depuis trois ans sur les agissements d’Israël dans les territoires occupés et, plus récemment, sur ceux du Hamas.

Même si cette demande doit encore être approuvée par les juges de la CPI, explique The New York Times, “elle constitue un coup dur pour le gouvernement de Benyamin Nétanyahou et alimentera probablement les critiques internationales à l’égard de la stratégie d’Israël dans sa campagne de sept mois contre le Hamas et des conséquences de la guerre sur Gaza”.

Pressions israéliennes contre la CPI

Israël ne reconnaît pas la Cour pénale internationale – chargée de poursuivre les individus quand la Cour internationale de justice, elle, s’intéresse aux États – mais si ces mandats d’arrêt sont émis, chacun des 123 États membres de la CPI sera tenu d’arrêter les personnes visées qui pénétreraient sur son territoire et de les remettre à la Cour pour qu’elles soient jugées.

On comprend mieux l’inquiétude manifestée récemment par les dirigeants israéliens qui ont multiplié les pressions contre la CPI. Selon le site Axios, le Premier ministre israélien aurait ainsi exhorté le président Joe Biden à “intervenir” pour empêcher la Cour de La Haye d’émettre ces mandats, tout en menaçant de représailles contre l’Autorité palestinienne si la Cour pénale internationale allait de l’avant. “Cela fait plusieurs semaines que le ministère de la Justice [israélien] et les juristes de Tsahal se démènent pour empêcher que cela ne se produise” , expliquait récemment le quotidien Ha’Aretz dans un article traduit sur notre site.

Une demande «scandaleuse», selon Biden

Cette décision de la CPI a même fait réagir jusqu’aux États-Unis. Joe Biden a qualifié la demande du procureur de «scandaleuse»«Je vais être clair: quoi qu’insinue le procureur, il n’y a pas d’équivalence entre Israël et le Hamas, il n’y en a aucune», a-t-il ajouté. «Nous nous tiendrons toujours aux côtés d’Israël contre les menaces à sa sécurité».

Son chef de la diplomatie, Antony Blinken, a lui qualifié de «honteuse» l’annonce du procureur de la CPI, estimant en outre qu’elle «pourrait compromettre» les pourparlers sur le cessez-le-feu à Gaza. «Nous rejetons l’équivalence établie par le procureur entre Israël et le Hamas. C’est une honte», a martelé Antony Blinken dans un communiqué. «Le Hamas est une organisation terroriste violente qui a perpétré le pire massacre de juifs depuis l’Holocauste et qui retient encore des dizaines d’innocents en otage, y compris des Américains», a-t-il ajouté.

SOURCE : MÉDIAS