16 juin 2024

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modération budgétaire

Le FMI appelle les pays africains à être «vigilants» avant la déferlante d’élections

Les nombreuses élections qui se tiennent en Afrique cette année doivent rendre les autorités «vigilantes» sur leurs dépenses, alerte ce vendredi 19 avril la directrice adjointe du département Afrique au FMI Catherine Pattillo, d’autant que le continent peine à sortir de l’ornière financière.

«Dans les pays à revenus faibles, les dépenses peuvent être déséquilibrées au cours des années électorales afin de renforcer le soutien populaire», affirme Catherine Pattillo à l’occasion de la présentation d’un rapport du Fonds monétaire international consacré à l’Afrique subsaharienne. Or «une fois l’élection passée, il peut être nécessaire de procéder à des coupes, y compris dans le secteur public qui est pourtant pourvoyeur de croissance», poursuit-elle.

Coûteuse instabilité politique

Près de vingt scrutins se tiennent cette année sur le continent, a rappelé vendredi l’institution américaine à l’occasion des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington, de l’Afrique du Sud à l’Algérie, en passant par le Mozambique, le Ghana et la Mauritanie. Certaines élections ont déjà eu lieu comme au Sénégal par exemple où elles ont été perturbées par des troubles. «Le retard dans l’élection sénégalaise a ajouté de l’incertitude dans la région», est-il écrit dans le rapport du FMI.

«Plus généralement nous observons que l’instabilité politique autour des élections n’entraîne pas seulement des coûts macroéconomiques, mais déclenche des ajustements budgétaires au détriment de l’investissement public», analyse aussi ce rapport régional qui pointe les risques de changements brutaux de politiques publiques induits par les élections.

Catherine Pattillo appelle les autorités à «être vigilantes face à certaines pressions et à maintenir le cap sur le programme de réformes». Le FMI se dit d’autant plus en alerte sur la question que la période actuelle «est critique pour l’ajustement budgétaire en raison des niveaux élevés d’endettement et de la nécessité de lever des capitaux afin de financer les dépenses de développement», selon la directrice adjointe.

3,8% de croissance

La croissance en Afrique subsaharienne devrait atteindre 3,8% cette année, «soit un rythme bien inférieur à ce que l’on a connu avant la pandémie», relève-t-elle, qualifiant la reprise économique de «tiède et coûteuse»«Se financer est très difficile et coûteux, et de nombreux États font face à des échéances importantes de remboursement de dette», affirme-t-elle.

Confrontés à la hausse des taux d’intérêt ces deux dernières années par les banques centrales à travers la planète, les États africains doivent payer davantage pour financer leurs emprunts. Les aides au développement vers l’Afrique ont par ailleurs augmenté de 2% l’an dernier, selon des statistiques de l’OCDE publiées mi-avril, mais avaient nettement ralenti de 11% une année auparavant.

Une vision à moyen terme de la planification et de l’exécution budgétaires est indispensable pour garantir la solidité et la viabilité des finances publiques. Une plus grande transparence des finances publiques et l’utilisation accrue des technologies modernes, désignées par le terme « GovTech », profiteraient à tous les pays. Pour les pays en situation de grave surendettement, il est important de procéder à une restructuration ordonnée et rapide de la dette. La poursuite de la coopération internationale, notamment par le biais du cadre commun du Groupe des Vingt et de la table ronde mondiale sur la dette souveraine, est indispensable pour que le processus de restructuration de la dette soit efficace.

SOURCE : imf.org