29 septembre 2022
L’ancien international français Patrice Évra

« Lorsque vous gagnez, vous êtes Français. Quand l’équipe perd, vous êtes Sénégalais »

L’ancien international français Patrice Évra a déclaré, hier, qu’avec du recul, il aurait préféré jouer pour la sélection nationale sénégalaise que pour les Bleus.

Patrice Évra n’a décidément jamais la langue dans sa poche. L’ancien latéral français, qui a joué à la Juventus Turin, à Manchester United ou encore à l’Olympique de Marseille, est revenu sur sa carrière internationale. Entre 2004 et 2016, le joueur a porté à 81 reprises le maillot de l’équipe de France. Le joueur a, certes, été formé en France. Mais il est né à Dakar d’un père sénégalais et d’une mère cap-verdienne, avant de rallier l’Europe à l’âge d’un an.

Ce n’est pas pour autant qu’Évra se sent plus français que sénégalais. Lors d’une interview réalisée ce vendredi, l’ancien Bleu a affirmé : « Si je pouvais revenir en arrière, je choisirais de représenter mon pays natal, le Sénégal, au lieu de la France ». Patrice Évra se souvient pourtant que c’est lui qui a choisi la tunique des Bleus plutôt que celle des Lions de la Teranga. « Quand j’étais jeune, mes parents m’ont donné la chance de choisir mon équipe nationale et parce que j’ai grandi en France, j’ai choisi la France », se rappelle-t-il.

Un choix « politique »

En déplacement au Ghana, où il a rencontré le président Nana Akufo-Addo, Patrice Évra y va de sa déclaration choc : « L’une des leçons douloureuses que j’ai apprises avec ce choix est que lorsque vous jouez bien et que vous gagnez, vous êtes Français ; quand l’équipe perd, vous êtes considéré comme Sénégalais ». Pour l’ancien Mancunien, faire le choix d’un pays plutôt qu’un autre est un acte « politique ».

Si les déclarations de l’ancien international français ne sont pas passées inaperçues, il s’agit surtout d’une déclaration d’amour à l’Afrique, un continent dont il veut participer à « changer l’image » et montrer « que cette génération sache qu’elle peut réussir dans son propre pays ». Avant de conclure qu’il rêve de voir « une équipe africaine gagner la Coupe du monde ».

La binationalité dans le football continue de faire débat. En mars dernier, Samuel Eto’o affirmait : « Je ne souhaite pas avoir un Kylian Mbappé qui est né à Bordeaux dans notre équipe nationale mais faire des Kylian Mbappé qui sont nés dans nos quartiers populaires du Cameroun. Parce qu’il y a des talents sur nos territoires à valoriser ». Autrement dit, la formation dans les pays d’Afrique n’est pas assez bonne.

Des binationaux attirés par l’Europe

Concernant le Sénégal, le pays d’origine de Patrice Évra, les Lions de la Teranga se sont effectivement appuyés sur leurs binationaux pour remporter la dernière Coupe d’Afrique des nations. A l’instar du gardien Édouard Mendy, né en France, ou encore du Franco-Sénégalais Abdou Diallo, qui s’est fait connaître au PSG.

Les propos de Patrice Évra remettent au goût d’une jour une polémique lancée, en 2011, par les instances françaises du football. François Blaquart, le directeur technique national du football français de l’époque, déplorait alors qu’environ la moitié des jeunes des sélections nationales africaines étaient binationaux.

Reste que les déclarations d’Évra peuvent apparaître comme opportunistes. Pourquoi ne s’est-il pas posé la question d’intégrer l’équipe nationale sénégalaise à l’époque ? Certains footballeurs, comme le Marocain Youssef El Arabi, qui s’était dit « ravi et fier de porter le maillot du bled », ou Riyad Mahrez, qui déclarait qu’il aurait « aussi pu choisir la France, mais en mémoire à (son) père et de part (son) attachement à l’Algérie » a choisi de jouer pour les Fennecs, peu nombreux sont les joueurs à choisir leur pays d’origine plutôt que les Bleus.

Retraité depuis 2019 et aujourd’hui âgé de 41 ans, Patrice Evra a disputé 81 sélections avec les Bleus. Il a participé aux Coupes du monde 2010 – émaillé par le scandale de Knysna – et 2014 ainsi qu’à l’Euro 2016. 

Au Qatar, les Lions de la Teranga ont été versés dans la poule A, composée du pays-hôte, de l’Équateur et des Pays-Bas.

SOURCE tf1info