poursuites judiciaires contre Alpha Condé

Guinée : la junte ordonne des poursuites judiciaires contre Alpha Condé et 187 personnalités

– Notamment pour des faits présumés de corruption et de détournement de deniers publics commis sous le régime de l’ancien président guinéen, reversé en septembre 2021.

Le ministre de la Justice guinéen, Charles Wright, a, dans une correspondance, jeudi 3 novembre, demandé aux procureurs généraux « d’engager des poursuites judiciaires » contre des « personnes morales et physiques », dont l’ancien Président Alpha Condé et 187 autres personnalités ayant servi la Guinée (Conakry) sous son règne.

Ce sont au total 188 anciens cadres de l’Etat, dont l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory, l’ex-ministre de la sécurité, Camara Damatang et Mohamed Lamine Condé, ex chargé de mission à la présidence qui se trouvent sur la liste du ministre de la Justice.

Le ministre guinéen de la Justice, Charles Wright, a souligné dans sa correspondance adressée aux procureurs :

«Il vous est enjoint (…) d’engager des poursuites judiciaires (…) pour des faits présumés de «corruption, enrichissement illicite, blanchiment d’argent, faux et usage de faux en écriture publique, détournement de deniers publics et complicité» contre les personnes morales et physiques dont les noms et prénoms suivent», affirme cette lettre. S’ensuit une liste de 188 noms dont celui de l’ex-président Condé (2010-2021) et de son ex-Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, dont les comptes bancaires ont été gelés.

«Le gouvernement guinéen, dans sa politique de moralisation de la vie publique, s’est fixé comme objectif la lutte contre les infractions économiques et financières», affirme le ministre de la Justice Alphonse Charles Wright. «Il est impératif d’ouvrir des enquêtes judiciaires pour élucider l’origine des fonds de ces différents comptes sans que cela ne porte préjudice au dégel lorsqu’il sera établi de manière contradictoire que ces comptes sont exempts de toutes présomptions d’enrichissement illicite», poursuit-il.

Le garde des sceaux de la Guinée a estimé qu’il était « impératif » d’ouvrir des enquêtes judiciaires pour élucider l’origine des fonds de ces différents comptes, sans que cela ne porte préjudice au dégel, lorsqu’il sera établi de manière contradictoire que ces comptes sont exempts de toutes présomptions d’enrichissement illicite, de détournement de deniers publics au détriment du peuple de Guinée qui subit des conséquences néfastes de pauvreté, de chômage notamment.

Le 4 mai dernier, la junte avait aussi annoncé des poursuites contre l’ancien président Alpha Condé et une trentaine d’anciens hauts responsables sous sa présidence, notamment pour assassinats, actes de torture et enlèvements.

Parmi les personnalités visées par les poursuites et figurant sur une liste, se trouvent, outre Alpha Condé renversé par les militaires en septembre 2021, un ancien président de la Cour constitutionnelle, d’anciens présidents de l’Assemblée nationale, un ancien Premier ministre et nombreux anciens ministres, députés et responsables des services de sécurité.

A la tête d’un corps d’élite de l’armée guinéenne, le colonel Mamadi Doumbouya a pris le pouvoir le 5 septembre 2021 en renversant le président Alpha Condé.

Depuis le coup d’État de septembre 2021, le colonel Doumbouya s’est engagé à remettre le pouvoir à des civils élus, assurant en prenant le pouvoir qu’il n’y aurait pas de « chasse aux sorcières », mais que la justice serait la « boussole » du pays.

Les militaires qui ont pris le pouvoir par la force le 5 septembre 2021 ont fait de la lutte contre la corruption réputée endémique en Guinée un de leurs grands combats proclamés. Plusieurs anciens responsables sont détenus dans ce cadre, y compris certains cités dans la lettre.

Source Médias