29 septembre 2022
Le général Aimé Barthélémy Simporé, ministre de la Défense

Le général Aimé Barthélémy Simporé, © OLYMPIA DE MAISMONT/AFP

Burkina, le ministre de la Défense limogé et après ?

Le général Aimé Barthélémy Simporé n’est pas le premier ministre de la Défense à devoir céder son poste pour ne pas avoir réussi à enrayer l’insécurité au Burkina Faso. Est-ce un constat d’échec des autorités ?

Annoncé lundi 12 septembre à la télévision nationale, le limogeage du général Aimé Barthélémy Simporé continue de faire réagir au Burkina Faso. 

Le président de la transition Paul-Henri Sandaogo Damiba le remplace lui-même à ce poste, un mini-remaniement qui intervient après une série d’attaques meurtrières qui ont de nouveau endeuillé le pays.

Certains voient dans ce limogeage un dysfonctionnement au sein des autorités. C’est par exemple ce qu’en pense ce Burkinabè, proche de l’exécutif et qui a requis l’anonymat.

“La junte n’est pas venue avec une armée à part, elle est venue utiliser la même armée que le gouvernement civil de Roch [Kaboré] avait. On pensait qu’il y aurait des stratégies beaucoup plus innovantes et efficaces, mais ils sont en perte de vitesse.”

Miser sur la cohésion sociale

Selon Georges Kaboré, président de l’Institut burkinabè, changer les hommes ne suffit pas à changer de politique. Il rappelle que cette recette n’a déjà pas porté ses fruits par le passé.

“On peut dire que l’histoire se répète, ça s’est déjà passé sous Blaise [Compaoré] et Roch [Kaboré]  et cela n’avait pas produit de résultats à la hauteur de nos attentes. J’ai comme l’impression qu’ils sont arrivés au pouvoir par surprise. J’ai l’impression qu’ils tatonnent pour tout mettre en place.”

Cet habitant de Ouagadougou aimerait voir une véritable réconciliation au sein de l’armée et une réduction des inégalités sociales.

“La situation n’est pas due à des agresseurs venus d’autres pays mais la majorité sont des citoyens  du Burkina Faso. Je pense qu’il faut identifier les chefs traditionnels pour négocier avec eux pour que chacun puisse regrouper les revendications de sa communauté.”

“Moi je penche pour une réponse locale à travers la cohésion sociale” , plaide un autre citoyen rencontré dans la capitale.

Les Burkinabè espèrent que le pouvoir en place réussira à souder les communautés pour mieux lutter contre le terrorisme et l’insécurité.

Par Charles Bako dw